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Le Grand Sud

Deux semaines de road trip sur les pistes chaotiques du grand sud malgache


Retrouvez nos adresses coup de coeur en fin d’article !

C’est de Fort Dauphin (notre lieu de résidence actuel) que nous nous sommes lancés sur les pistes du Grand Sud malgache accompagnés de notre chauffeur Séraphin qui travaille pour la compagnie Aiko Aventure. Après quelques minutes d’une route relativement bien goudronnée, on rencontre les premiers trous, petits d’abords, énormes ensuite, comme si la route avait été bombardée ! On dépasse rapidement les limites connues aux alentours de notre ville d’adoption. La piste devient sable après la ville d’Ambovombe. Déjà, l’air est brûlant, sec. Les bagages, les packs d’eau et les réserves de gasoil dansent ensemble dans le coffre de notre voiture. La poussière tourbillonne dans l’habitacle et l’on a la sensation de se sécher les mains dans les toilettes d’un restaurant quand on les sort par la fenêtre pour tenter de capter un peu d’air.

Nous sommes sur la route depuis 4 heures à peine et les charrettes à zébu ont remplacé en majeure partie les véhicules tout terrain. On se regarde en sachant ce qui nous attend : l’inconnu.

Voir la vidéo.
Lavanono

Il n’est pas évident de faire une estimation précise du temps de parcours entre deux villages, c’est ce qui nous a fait arriver à Lavanono à la tombée du jour. Nous pensions pouvoir faire un détour par Faux Cap sans mettre en péril le timing de la journée et nous nous sommes trompés. Il est dangereux de rouler de nuit à Madagascar. La moindre crevaison ou panne technique peut se transformer en une nuit surprise en brousse, sans parler des attaques…

L’arrivée est toutefois majestueuse. On roule sur une piste sablonneuse, coincée entre les cactus, et soudain l’horizon s’ouvre sur une falaise et un bout de plateau océanique qui émerge de l’eau. Le spectacle est grandiose. On se tient là, sur la crête d’où l’on domine l’immensité alentour. On distingue au loin les vagues et sur un mamelon, les bungalows de Gigi.

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Notre arrivée tardive nous a valu quelques remontrances méritées. C’est un mec qui vit avec ses tripes Gigi. Ancien wind surfeur, toujours à l’eau en paddle aujourd’hui, engagé dans de nombreux combats tels que la santé, l’accès à l’eau, aux télécommunications… avec le cœur : Foko ! (c’est le nom de nombre bungalow, le « cœur » avec lequel on aime, nous a-t-il dit).

Son royaume c’est le Lavanono Lodge, qu’il a construit et développé de ses mains, à partir de rien, depuis 1997. On parle ici d’un authentique éco lodge. Pas de celui qui a obtenu son macaron à coup de douches en bambou et de draps en lin pour faire nature et où le groupe électrogène tourne toute la nuit pour éclairer le chemin qui mène aux toilettes. Gigi s’est installé au cœur de l’Androy, pays des Antandroy, le peuple des épines, à 8 heures de 4×4 de Fort Dauphin.

Ca vous donne une idée quant à l’aridité des lieux et à son isolement ! On rationne l’eau, on la récupère, on s’éclaire en solaire dès la nuit tombée et l’on parle de vagues, de vent, de windsurf et d’océan installés sur l’une des terrasses qui domine le rivage dix mètres plus bas. Les bungalows sont propres, confortables et joliment décorés, comme l’ensemble du lodge d’ailleurs.

Les conditions météo ne jouent pas entre notre faveur et un vent d’ouest annihile toute possibilité de surfer… On reviendra. On en profite pour se reposer, se promener dans les dunes alentours, se faire secouer en body surf dans les rouleaux du bord de plage et assister aux retours de pêche toujours impressionnants.

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Un léger coup de stress…

On reprend la piste quelques jours plus tard en laissant derrière nous Lavanono. Nous mettons le cap sur Itampolo, un autre village côtier, malheureusement pas par le plus court chemin. Un important cours d’eau rejoint l’océan entre Lavanono et Itampolo et il va falloir le contourner par le Nord, il n’est pas possible de le traverser en saison des pluies. Ce contournement va s’avérer épique.

Un enchaînement de conseils non avisés sur la route et de mauvaises décisions de notre part va nous conduire à nous retrouver dans une situation disons… inconfortable : pluie battante, nuit tombante, perdus dans les montagnes, voiture embourbée dans une glaise poisseuse et glissante, GPS indiquant 50 kilomètres à vol d’oiseau d’Itampolo (ce qui peut prendre entre deux et cinq heures, sachant que l’on a déjà traversé de véritables petits lacs avant de se planter là…). On se dit qu’on va devoir dormir ici, peu rassurés, on en a tellement entendu sur les attaques… Nos pensées sont rapidement interrompues par une dizaine d’hommes, presque nus et lances à la main, qui sortent des fourrés et s’avancent vers nous. Ils ne portent pas vraiment de sourires sur leurs visages. Shit

Notre chauffeur n’est pas rassuré non plus. Une discussion dont nous ne comprenons pas un mot s’engage et dure de longues minutes jusqu’à ce que Séraphin, au volant, nous explique ce qu’il se passe : ils ont peur de nous. Et voilà, en quelques minutes, un bon résumé des maux de l’humanité.

On se sourit, un peu, l’atmosphère se détend, très lentement. On leur doit finalement d’avoir pu rejoindre Itampolo vers 22 heures. Après qu’ils nous aient sorti de la boue et remis sur les traces de la bonne piste sans jamais vouloir monter dans la voiture et préférant courir à côté, de peur qu’on ne les enlève…

Itampolo

Quelle bonne nuit, au sec, après un bon repas à l’auberge Sud Sud. On s’en est finalement bien sorti. Itampolo est un petit village de pêcheurs que l’on découvre en sortant de notre bungalow. Les quelques cases qui le composent sont nichées dans une baie relativement protégée et propice à la pêche au fusil harpon. On nous propose d’embarquer dans la barque des pêcheurs de l’auberge ! Inespéré et inattendu !

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Au retour, sur la pirogue, nous sommes muets de bonheur… Et l’on sait aussi ce qui nous attend au déjeuner et au diner. Ce sera dorade à midi et langoustes ce soir !

On a véritablement été conquis par Itampolo, son calme, la chaleur de l’accueil à l’auberge Sud Sud, les balades du soir dans les dunes, au soleil couchant. Malheureusement l’endroit est en vente, la faute à un tourisme en forte baisse ces dernières années…

Le lac Tsimanapesotse

Le trajet entre Itampolo et Anakao se fait sans encombre. La piste est bonne, sablonneuse et les kilomètres défilent jusqu’au parc national de Tsimanapesotse. Le lieu est assez incroyable. Un soleil de plomb s’abat sur un lac d’eau salée dont la couleur turquoise évolue au fil des heures de la journée. On distingue au loin, des colonies de flamands roses qui ondulent dans les vapeurs des mirages qui se forment au-dessus de la surface de l’eau. Le lac est bordé de collines où l’on peut observer de magnifiques baobabs centenaires.

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Anakao

Anakao est village situé sur les terres du peuple Vezo. Traditionnellement, les villageois tirent toutes leurs ressources (ou presque) de la mer et ont une très bonne connaissance du milieu au bord duquel ils vivent : le canal du Mozambique. Les cases du village font face au petit îlot de Nosy Ve.

Nous atterrisons au Lalandaka Lodge et l’on s’installe dans une case toute neuve, sorte de duplex en terre séchée et bois des plus agréables. Il n’y a pas d’eau courante mais le lit est confortable, l’endroit très charmant et chaleureux. Le lieu idéal pour fêter Noël ! Il s’agit d’un éco lodge extrêmement bien tenu dont on salue en particulier la qualité du restaurant (les pieds dans le sable, joliment décoré et des plats succulents).

Il s’avère en plus être un excellent point de départ pour les sorties surf au large et pour se rendre sur l’île de Nosy Ve juste en face.

Malheureux avec la houle depuis notre départ, c’est encore le cas ici à Anakao, pourtant réputée pour ses vagues auxquelles on accède en pirogue à moteur. On a quand même le plaisir d’aller au large prendre quelques gauches assez propres au petit matin. On ne va pas bouder notre plaisir : un 24 Décembre, au large dans le canal du Mozambique, debout sur une planche !

Pour fêter Noël en beauté, nous sommes partis en pirogue Vezo en direction de Nosy Ve. L’embarcation est manœuvrée par deux pêcheurs avec une agilité déconcertante compte tenu de l’équipement à bord : par d’accastillage, pas une pièce métallique, pas de gouvernail ni de dérive. De la corde, une grande toile, deux rames, et des branches d’arbres taillées pour jouer le rôle de mât ou de tangons… Impressionnant !

On débarque sur cet îlot de sable blanc et les pêcheurs se mettent en quête du déjeuner, fusil harpon à la main. Une heure de snorkeling (et un drôle de nudibranche découvert dans le lagon) plus tard, on s’abrite du soleil sous des branchages et l’on déguste, tous les quatre, ce poisson de Noël accompagné de riz, assis sur la grand voile alors transformée en nappe. On est une fois encore saisis par l’authenticité des moments que l’on peut vivre à Madagascar.

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Bien sûr, un étranger en visite est et reste un touriste, et il ne faut pas perdre de vue cette idée. Cette journée sur Nosy Ve s’inscrit pour nous dans un parfait équilibre gagnant gagnant entre la population locale et le touriste. Interpellés sur la plage par des enfants nous demandant ”des bonbons” ou ”des stylos” nous en avons discuté avec des guides, des restaurateurs ou des hôteliers. Le discours est le même partout. La meilleure façon de dynamiser l’économie reste de consommer sur place et d’accepter d’être un touriste comme les autres. On ne change pas la face du monde en distribuant 3 stylos qui vont dans la plupart des cas, être revendus. Cela a pour effet d’inciter les enfants à la mendicité au lieu… d’aller à l’école.

Ifaty

Notre route se poursuit vers le Nord en direction Tuléar. Notre chauffeur est parti devant, la veille, pour onze longues heures de route que nous avons décidé de court-circuiter en empruntant une vedette rapide qui nous débarque sur une plage de Tuléar (tous les hôtels d’Anakao peuvent très facilement organiser ce transfert, la navette vient vous chercher à l’hôtel !). Après un court stop en centre ville (eh oh ça fait 6 mois qu’on a pas vu un supermarché !) on poursuit notre route direction l’hôtel Nautilus à Ifaty. Les chambres en formes de Nautile s’enroulent en spirale le long de la plage. L’endroit n’est pas idéal pour la baignade, mais il offre la possibilité de plonger sur la barrière de corail, au large et propose des sorties baleines lorsque c’est la saison (Juillet à Octobre). Nous avons tout de même tenté une immersion avec Nathalie, une Vahaza née à Ifaty et gérante de l’hôtel avec son mari Denis. La visibilité était médiocre et le courant fort mais qu’est ce que c’est bon de buller ! A refaire à la bonne période (d’octobre à novembre).

La plage de Mangily, en remontant vers le Nord, est plus adaptée à la baignade. Il est très agréable de s’y promener même si l’endroit est plus touristique. Une kyrielle de restaurants et d’hôtels de toutes sortes se fondent plus ou moins bien dans la végétation et le dédale des petites rues du village. On a particulièrement aimé le restaurant (qui propose aussi des hébergements) ”Sur la Plage Chez Cécile” à retrouver dans nos coups de coeur, en fin d’article. Une zone marine protégée est accessible en pirogue depuis Mangily. On peut y faire du snorkeling et observer une biodiversité intéressante mais malheureusement appauvrie par la surpêche.

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• Le grand sud pratique •

Pour se lancer sur les pistes du Grand Sud malgache il nous parait impératif de partir avec un chauffeur qui connaisse les routes qu’il va emprunter, qu’il soit équipé d’une bonne carte et de différents téléphones (la couverture diffère tellement en fonctions des zones géographiques et des opérateurs). Vérifiez bien l’état du 4×4 et demandez à votre chauffeur s’il a quelques notions de mécanique auto…!

Il vaut mieux éviter de prévoir des étapes trop longues et penser à se donner la possibilité de couper en deux un jour de route si les kilomètres ne défilent pas comme prévu (sur certaines portions, nous ne dépassions pas les 15km/h !).

Emportez de l’eau en quantité et interrogez votre chauffeur sur la nécessité d’emporter des réserves de carburant, indispensable dans notre cas. Prévoyez aussi des en-cas, biscuits et autres “vache qui rit”, on ne trouve pas toujours à manger sur les routes… Ou en tout cas pas quelque chose que nos estomacs occidentaux puissent supporter !

Aiko Aventure

Aiko Aventure est une société de tourisme basée sur Fort Dauphin. Nous avons souvent l’occasion d’échanger avec Stéphane et son épouse Mura sur les possibilités touristiques de la région ou pour organiser des excursions (en moto notamment). Sympathiques et à l’écoute, c’est toujours un vrai plaisir de passer par leurs bureaux !

http://www.aikoaventure.com/

téléphone : +261 34 12 579 79/ +261 34 80 493 37

• Nos adresses coup de cœur •

Lavanono Lodge – Lavanono – Chez Gigi

Les prix sont variables en fonction du package. Gigi organise toutes sortes de séjours clefs en main au départ de Fort Dauphin.

Il est expert en la matière et reçoit souvent des équipes de tournage professionnelles pour des marques de sports de glisse, des groupes d’entraînement (pôle espoir de surf, …) ou encore des scientifiques.

Téléphone : + 261 32 22 187 37

e-mail : gigi@lavanono.com

site internet : http://www.lavanono.com/menulavanono2.html

 

Sur la Plage Chez Cécile – Mangily

L’hôtel Sur La Plage Chez Cécile est un hôtel bed and breakfast les pieds dans que nous avons découvert en nous baladant sur la plage de Mangily et qui est visiblement réputé dans le coin.

Le restaurant est très sympa, une grande carte (on a goûté tous les desserts !) est écrite à la craie sur un tableau noir. Le choix est large, tout est frais et vraiment bien cuisiné, le tout à des prix classiques (autour de 15 000 ariary le plat).

Téléphone : +261 34 94 90 700

Site internet : http://www.surlaplagechezcecile.com/index.php

 

Hôtel Sud Sud Itampolo

Chez Alain est un hôtel de Tuléar qui possède une annexe à Itampolo. Assez basique certes, mais bien situé (sur la plage !) et l’accueil est charmant !

Hébergement : 35 000 Ariary à 65 000 Ariary

Plat : 15 000 Ariary

Petit déjeuner : 10 000 Ariary

http://www.chez-alain.com/itampolo.html

téléphone : + 261 20 94 415 27 (attention, il n’y a pas de couverture réseau à Itampolo, il s’agit donc du numéro de l’hôtel chez Alain à Tuléar qui répercute ensuite les réservations à Itampolo).

e-mail : c.alain@moov.mg

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